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Analyses d'ouvrages
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Cahier
sécheresse, volume 10, numéro
3, pages 233, Septembre 1999
L'arganier.
Une espèce fruitière-forestière à usages multiples
O.
M'hirit, M. Benzyane, F. Benchekroun, S.M. El
Yousfi, M. Bendaanoun, Sprimont, Belgique :
Éditions, Mardaga, 1998 ; 150 p.
Les
auteurs se sont attachés à synthétiser les connaissances
actuelles à partir d'une importante bibliographie.
L'arganier, endémique du Maroc dans des aires
recevant de 150 à 400 mm/an de précipitations
et situées depuis le niveau de la mer jusqu'à
1500 m d'altitude, se limite aux zones à forte
influence océanique et aux sols profonds. Il
est soumis à diverses pressions, en particulier
celles du cheptel ovin, caprin et camelin. Toutes
les arganeraies sont menacées, celles de plaine
(arganeraies-vergers: environ 100 souches/ha)
et celles de montagne (arganeraies-forêts :
700-800 souches/ha), mais plus particulièrement
celles de plaine, qui sont concurrencées par
l'agriculture irriguée (maraîchage, fruitiers)
et attaquées par les troupeaux nomades qui remontent
depuis le sud, de juin-juillet à septembre,
parfois à partir de mars.

Les graines germent correctement en pépinière,
cependant des problèmes de multiplication sont
signalés. Les aspects relatifs aux soins à apporter
aux fruits immédiatement après la récolte (dépulpage)
et les conditions de conservation des semences
ne sont pas traités dans cet ouvrage. L'arganier
ne se reproduit quasiment plus naturellement
par graines (sauf en milieux protégés ou contrôlés).
En revanche, la régénération par rejets de souche
ne pose aucun problème, à condition d'assurer
une mise en défens. Le drageonnage est simplement
mentionné.

Les auteurs signalent également les lacunes
qui subsistent, par exemple en matière de génétique,
de sylviculture et d'aménagement. En revanche,
les travaux sur l'écologie et les aspects socio-économiques,
dont la valorisation de l'huile d'argan et le
rôle du sylvo-pastoralisme, sont bien développés.
Ce livre intéresse les lecteurs concernés par
les forêts méditerranéennes et les forestiers
tropicaux, car l'arganier est le représentant
le plus septentrional des Sapotaceae, famille
essentiellement tropicale, qui englobe au sud
du Sahara notamment le karité. De plus, le régime
forestier et la législation seront appréciés
par les responsables chargés d'orienter la politique
rurale ou de gérer les espaces agro-sylvo-pastoraux
des régions tropicales sèches. Cette législation,
efficace pendant de nombreuses années, doit
être adaptée à la situation actuelle préoccupante,
en tenant compte des modes d'utilisation de
l'espace, des droits d'usage, de la participation
des populations et des bénéfices accordés aux
communes rurales usufruitières. Les axes de
recherche visent à accroître les connaissances
afin de sauver cet écosystème arganiéricole.
Des projets sont en cours (financés par la Belgique
et l'Allemagne).
Ronald Bellefontaine